Thursday 28 February 2008
Rayonnante balade au pays sans soleil
By Sébastien on Thursday 28 February 2008, 13:57 - Reportage
30 mètres de neige ? S’agit-il d’un glacier ? Non, tout simplement de la quantité de poudre qu’a reçue la station de Mount Baker sur la saison 98-99. Record mondial sur un domaine skiable évidemment. Le quidam se dit « Oui, mais c’était il y a 10 ans. De nos jours, réchauffement climatique oblige, de telles quantités sont inimaginables ». En dehors du fait que des déductions climatiques ne peuvent porter sur un laps de temps aussi faible, la petite station du far west étasunien continue à s’enfoncer sous des mètres de neige année après année. Retour sur un terrain de jeu que les D1 ont adoré !
Serge Dupraz contacte ses riders, Ludo Strohl, Polo Delerue et Nico
Vaudroz : « Un bank slalom mythique et des descentes freeride à
volonté, ça vous tente ? ». Une question qui ne nécessite ni précisions,
ni réponse. Tout le monde n’a pas les mêmes disponibilités et les retrouvailles
à Vancouver sont un brin aléatoires. Cependant, motivée par la même idylle
« poudreusorgasmique », l’équipe se retrouve finalement au complet pour
passer la frontière.
Après un passage on ne peut plus commode des douanes américaines (le grand
sourire de Ludo n’y étant très certainement pas pour rien), changement de
décors : à la périphérie urbanisée de Vancouver succèdent des paysages
dignes des films far west. On s’imagine aisément que s’éloigner de 10
kilomètres à gauche ou droite de la route sans boussole nous condamnerait à
tenter de survivre de mousses et d’eau fraîche, en évitant soigneusement de
croiser le chemin d’un ours affamé ! Au contraire de l’Europe centrale,
les marques anthropiques sont ici peu présentes, pour ne pas dire totalement
absentes. Le franchissement d’une crête ne mène pas à une autre vallée parsemée
de chalets, mais à une rivière entourée de vastes forêts composant une nature
encore préservée.
Non désireux d’affronter les grizzlis en s’enfonçant dans la jungle forestière
(le remake du film « Into the wild » n’est pas encore prévu), les
amis de la D1 poursuivent leur route en direction de la station. Après quelques
miles, la pluie, tombant sans discontinuer depuis l’arrivée canadienne, se
mélange aux flocons. Rapidement les bas côtés de la route se transforment en
hauts côtés. Les dernières épingles conduisant à la station ressemblent même à
une véritable tranchée. Non, les murs de neige ne proviennent pas d’un passage
dans un couloir à avalanche ; la continuité des murailles est parfaite. Le
bulletin d’enneigement annonçant plus de 5 mètres de neige au sol en bas de la
station n’était donc pas aussi fantaisiste que ceux que les offices du tourisme
alpins publient.
La station correspond à son environnement peu aménagé : un unique bâtiment
à la base et quelques télésièges s’effaçant rapidement dans la tempête de
neige. Un panneau indique que 50cm sont tombés durant les dernières 24 heures
et que le snowpark est enterré. Après une discussion avec les locaux, on
apprend que la situation est simplement normale. A défaut du soleil, les
visages de Ludo, Polo et Nico, déjà enthousiastes avant l’arrivée, rayonnent de
sourires resplendissants. Sans attendre, les premières lignes sont tracées.
Etonnant pour les européens, aucun bruit suspect sous les planches quel que
soit l’endroit où l’on passe : ici, ce ne sont pas les vernes ou les
rochers qui sont redoutés, seules doivent être prises en compte pour chaque
descente les pointes de sapin ! La poudre vole sur des mètres ; même
dans les rêves les plus fous, autant de neige n’avait encore pu être
imaginée.
Une brève trêve au pays des merveilles : le « Legendary Banked Slalom
», l’une des premières compétitions de snowboard, attend les D1. Depuis plus de
20 ans, les légendes se sont succédées au palmarès de cette course : Shaun
Palmer, Terje Haakonsen, ou encore Victoria Jealouse sont tout un chacun
repartis avec le rouleau de Duck Tape promis au vainqueur. Un lot ô combien
surprenant au premier abord, mais évident après réflexion : au début des
années huitante, le duck tape était le meilleur ami du snowboardeur :
attacher sa planche, réparer ses habits ou s’improviser des boots à partir de
chaussures normales était presque le quotidien de tout monopède !
Des légendes véritables… pourquoi alors ne pas voir une Dupraz au sommet ?
Malheureusement, ce n’est pas cette année que la planche sera consacrée. Après
une bonne première partie, emportés par la fougue, Polo et Ludo sortent du
tracé au dernier virage des qualifications. Faute à la météo capricieuse, la
route d’accès à la station est fermée et la deuxième journée qualificative n’a
pas lieu. La finale se déroule, sans D1, un jour plus tard et voit (ou plutôt
entraperçoit) gagner Temple Cummins au travers d’une nouvelle tempête de
neige.
Qu’importe ! Plus de temps peut ainsi être accordé à la découverte du
domaine. Pillows énormes, traces recouvertes du jour au lendemain, réceptions
de sauts sans heurs… la « normalité » de Mount-Baker est assurément
très plaisante. Pour sûr, le rendez-vous est déjà pris pour l’année prochaine,
sous des tonnes de neige… comme d’habitude !
PS: photos disponibles sur www.sebanex.com
Wednesday 14 November 2007
Swatch Monsterpark Invitational – 4 gagnants pour une première édition
By Sébastien on Wednesday 14 November 2007, 01:15
Gstaad/Diablerets, le 10 novembre 2007. L'hiver est enfin au rendez-vous! Cependant, les conditions météorologiques (tempête de neige et de vent) ont contraint l’organisation à changer de programme au dernier moment. En lieu et place d'une compétition dans le snowpark, une plateforme de rails a été improvisée sur le parking de Glacier 3000, au Col du Pillon, grâce à l’engagement certain de jeunes freestylers.
Dès midi, les meilleurs riders ont pu montrer leur savoir-faire sur les modules. Tout en se battant contre les conditions hivernales, les skieurs, très motivés, ont présenté une belle diversité de figures, passage après passage.
Au lieu d'élire un seul “King of Monsterpark” , les juges ont évalué quatre riders ex-aequo: Phil Casabon (CAN), Henrick Harlaut (SWE), Richard Permin (FRA) et le Suisse Yvan Métrailler de Nendaz/VS.
Malgré la météo, l’organisation est convaincue du concept de l’événement. Rendez-vous est d'ores et déjà pris pour la seconde édition du Swatch Monsterpark Invitational - sous le soleil - les 8 et 9 novembre 2008.
Ci-dessous, deux photos de l'événement (plus à suivre sous www.sebanex.com):


Wednesday 7 November 2007
Eloge du déchet
By Sébastien on Wednesday 7 November 2007, 01:49
Tel était le titre de mon projet présenté pour le Grand Prix International de Photographie de Vevey. Il n'a malheureusement pas été retenu parmis les lauréats finaux (vaiqueur: Geert GOIRIS). En voici tout de même les explications, en attendant les images à venir sur www.sebanex.com
Eloge du déchet
Le déchet, rebut de notre société à éradiquer?
Au moment où l’humanité consomme plus que la planète ne produit, le déchet véhicule depuis longtemps une image très négative. Est-ce cependant suffisant pour provoquer un changement de mentalité ? Assurément pas, tant l’on constate la croissance intense et persistante des flux et des masses de détritus. L’ancrage des réflexes et tares du conditionnement consumériste de l’être humain est tel que, dans l’immédiat en tout cas, celui-ci n’est pas prêt à modifier ses comportements et réduire de manière drastique le volume de déchets qu’il génère pour apporter une solution durable à cette problématique à la fois environnementale, sociale et économique.
Pourquoi dès lors ne pas tenter de modifier l’image et la voie du déchet ? A première vue, « le déchet positif » se conçoit mal ! Toutefois, une science novatrice, l’écologie industrielle, se propose d’en définir le concept. Se fondant et calquant sur le fonctionnement des systèmes naturels, elle tente d’optimiser les flux de déchets en bouclant énergétiquement au mieux les cycles de matières entre ressources et déchets : le déchet émanant d’une première activité est utilisé et se voit même valorisé comme ressource dans un processus subséquent. Dans ce simple schéma à deux compartiments, susceptible évidemment d’être développé et étendu, le déchet anoblit son statut en permettant la préservation d’une ressource primaire.
Dans cette perspective, je me propose tout d’abord de filer et fixer par la photographie le destin actuel des déchets de construction en Suisse, peu valorisés en l’état. Grâce à cette première approche sensibilisatrice et aux connaissances scientifiques acquises, un projet de remédiation au gaspillage de la matière pourra être mis à jour soit par le mémoire d’un étudiant, soit directement par le travail de professionnels du domaine, en l’espèce le bureau Ecoservices et des collaborateurs du GEDEC. Je suivrai ensuite le cheminement des écologues des temps modernes, allant de l’entrevue avec les industriels in situ à la mise en place des plans d’optimisation, en mettant en évidence tout à la fois les véritables avancées et progrès, les limites, les échecs et les failles entre idéalisme utopique et réalités. Mon travail tendra enfin à exprimer les modifications de l’image et de la voie du déchet, corollaires des mutations de sa gestion suite aux travaux susmentionnés.
Ce projet ne présentera pas seulement les caractères usuels d’information et de sensibilisation de l’image, souvent absorbée et digérée trop rapidement sans réelle prise de conscience par l’opinion publique. Il cherchera à profiler et construire un projet concret d’une amélioration environnementale au travers d’un photojournalisme que je ne veux pas purement descriptif, vulgarisateur et général, mais plutôt engagé, novateur, créatif, provocateur même et générateur, je l’espère, de changements effectifs.
Sébastien Anex
Friday 26 October 2007
Snowboards Dupraz: nouvelle gamme saison 2007-2008
By Sébastien on Friday 26 October 2007, 12:47
Fort de l'amitié avec Nicolas Vaudroz ainsi que de la nouvelle et
sympathique collaboration avec Serge Dupraz, voici la présentation de la gamme
D1 pour l'hiver à venir.

Notez la planche à droite, peinte par Nico. L'originale est bien évidemment
visible dans sa galerie à Leysin.
PS: une Dupraz neuve est à vendre à prix préférentiel. Merci de me contactez par mail pour plus de détails!
Sunday 30 September 2007
Interview de François Dufour, responsable de l’antenne valaisanne de l’institut fédéral pour l’étude de la neige et des avalanches (SLF)
By Sébastien on Sunday 30 September 2007, 12:37
A l'heure où les premières neiges font leur apparition, voici un état des lieux de la recherche nivéale grâce à cet interview, sympathiquement accordée par François Dufour.
• François Dufour, quelle est votre activité ?
Je suis responsable de l’antenne valaisanne de l’institut fédéral pour l’étude de la neige et des avalanches (SLF-Weissfuhjoch/Davos). Le but de cette antenne n’est pas seulement la recherche au niveau de la neige et des avalanches, mais de tous les dangers naturels. En été nous nous intéressons donc aussi, aux laves torrentielles et aux crues.
• Quel a été votre parcours de vie précédemment, comment en êtes vous arrivé là, était-ce une vocation ?
Comme formation, j’ai suivi des études d’ingénieur civil à l’EPF-Zürich. Ensuite, j’ai travaillé pour Electrowatt (un grand bureau d’ingénieurs). Je suis allé à l’étranger. Puis, une fois rentré en Valais, j’ai ouvert un bureau d’ingénieur. La conjoncture n’étant pas terrible dans ce domaine là, j’ai eu l’occasion, il y a 8 ans, de faire de mon hobby – la montagne - ma profession : j’ai eu contact avec le directeur du SLF, M. Amman, qui me connaissait et m’a demandé si j’étais intéressé à reprendre ce poste de responsable. Je me suis engagé un petit peu dans l’inconnu, puisque je changeais de profession. Mais c’était ma passion et tout c’est bien passé !
• Que cherchez-vous à analyser et à prévoir d’une manière plus précise?
Nous sommes axés sur les dangers naturels en général. Nous cherchons à obtenir plus d’informations pour mieux modéliser les avalanches, afin de réaliser des cartes de danger plus précises. Bien que dans le domaine des avalanches, 95% des cartes soient déjà réalisées, elles doivent en tout temps être réactualisées en fonction des nouvelles connaissances. A propos des autres dangers naturels, nous sommes par contre en retard. Par exemple, pour les éboulements, les crues et les laves torrentielles, les phénomènes sont globalement connus, mais on ne sait pas du tout à quel moment ils pourront se produire et quel sera leur ampleur. Nous avons ainsi de la peine à établir des cartes de danger, qui sont toujours liées à un temps de période de retour. Nous devrons donc axer notre recherche plus spécialement sur ces phénomènes.
• Y a-t-il un type d’avalanche qu’il faudrait mieux connaître ?
Oui, il s’agit du type d’avalanche qui tue le plus: les avalanches de plaques. Attention, les plaques produisant ces avalanches ne sont pas formées uniquement par le vent comme on le croit en général, mais aussi lors de chutes de neige normales en fonction de la température et de l’humidité. Les avalanches de neige froide d’hiver sont, pour les agglomérations et les voies de communication, les plus dangereuses car elles vont plus vite et plus loin que les autres avalanches. Pour les randonneurs, même de petites avalanches de plaques peuvent êtres dangereuses et avoir des suites dramatiques. Ces petites plaques sont en général difficiles à déceler et nécessitent beaucoup d’expérience pour être évitées ainsi qu’une bonne lecture du bulletin d’avalanche. Comme on le sait, ce bulletin définit des degrés de danger de 1 à 5 (1 correspondant à un danger « faible », 5 à un danger « très fort »). Pour la sécurité de la population en général, ce sont les degrés de danger 4 et 5 (cela veut dire que des avalanches peuvent descendre jusque dans les fonds de vallée) qui sont difficile à gérer par les responsables de sécurité alors que, pour les randonneurs, la problématique vient généralement des degrés de dangers de 2 et 3. Lors de danger de degré 4, on ne devrait pas sortir des pistes et lors de danger 5, il vaut mieux rester à la maison…..
• Quelles sont les limites de la science?
Depuis 1931, date de création de l’Institut, nous nous sommes intéressés à tout : de l’avalanche jusqu’au flocon de neige, voir aux molécules le constituant. Nous avons de cette manière fait d’énormes progrès dans la connaissance de la neige. Nous avons vu que la structure du manteau neigeux (les différentes couches) était très importante pour le phénomène d’avalanche. Nous connaissons les paramètres qui peuvent influencer cette structure, donc le danger. Il y a, entre autres, la hauteur de neige fraîche, le vent, la température, l’humidité, le rayonnement, l’inclinaison et l’exposition de la pente. Par contre, là où il n’y a quasiment pas eu de progrès, c’est dans la définition du lieu et du moment exacts de l’avalanche. Nous savons qu’il y a des situations qui sont plus propices, ce qui fait que ces fameux bulletins d’avalanche peuvent être établis. Voici un exemple typique d’une situation hivernale : une pente Nord de 35 degrés recouverte d’une couche de 30cm de poudreuse lors d’un degré de danger 3 : quelqu’un s’y trouvant et déclarant qu’il n’y a absolument aucun danger est une personne dangereuse. Il n’y a pas un expert qui pourrait dans une telle situation être en mesure d’affirmer ceci. Par contre, par des observations et par des mesures de précaution (pas d’avalanche dans des pentes identiques, distance entre les skieurs, équipement adéquat, etc.), il est possible d’estimer le danger et de diminuer le risque…. tout en sachant que l’on en prend un tout de même.
• Sur quels résultats concrets ont débouché vos recherches ?
Les recherches ont amené à être plus performant dans tout ce qui concerne la prévention, comme par exemple les cartes de dangers, les bulletins et les ouvrages paravalanches. A partir des cartes de danger, des zones à construire et des zones où il est interdit de construire sont définies. La précision de ces cartes évoluera en fonction des connaissances et des moyens techniques. De nos jours, l’informatique nous apporte une aide précieuse pour modéliser les avalanches. Mais une modélisation seule n’est pas suffisante : il faut être sûr que notre modèle soit juste. Pour cela, nous avons besoin de sites expérimentaux, comme celui de la vallée de la Sionne au-dessus de Sion, afin de pouvoir mesurer réellement une avalanche. Ensuite nous intégrons cette même avalanche dans nos modèles et nous regardons ce qu’il en résulte comme valeurs de pression,de vitesse, de densité, etc.. En comparant ces valeurs calculées aux mesures faites sur le terrain, nous pouvons déterminer la qualité du modèle.
• Pouvez vous nous parler de l’évolution des connaissances depuis la création de l’institut ?
Depuis le début de l’institut, en 1931, la première évolution a été réalisée avec la publication de bulletins d’avalanche. Ensuite, il y a deux dates qui sont assez remarquables pour pouvoir quantifier l’évolution globale. En 1951, il y a eu une situation dramatique de danger d’avalanche dans les Alpes suisses qui a provoqué la mort de 98 personnes. En 1999, une situation presque identique s’est reproduite (ce n’est jamais tout à fait comparable, mais les conditions étaient tout aussi catastrophiques dans les Alpes) : on a eu à déplorer (c’est toujours trop, mais c’est nettement moins) 17 morts. Or, en 1999, beaucoup plus de voies de communication et de personnes se trouvaient dans des zones dangereuses, du fait du développement touristique. Cela veut dire qu’effectivement, on a appris à apprivoiser ce danger et on a pu définir des zones d’agglomérations dans des endroits qui n’étaient pas dangereux tout en protégeant les voies de communication de manière très efficace.
• Quels sont les influences et impacts de votre activité sur le comportement et la mentalité des gens, du skieur au constructeur de bâtiment ?
Il y a deux publics à distinguer. Premièrement il y a les sportifs (skieurs hors-piste et randonneurs) qui sont touchés par les bulletins d’avalanche et toutes les informations que nous essayons de donner. Nous transmettons notre savoir, au moyen de cours, d’articles et de brochures qui montrent comment l’on doit se comporter en cas d’accident, quel matériel l’on doit avoir et comment on l’utilise. Notre rôle est ici éducatif. Deuxièmement, nous avons un rôle de sécurité au niveau de la population en général. Nous devons former des chefs de sécurité, que ce soit pour les agglomérations, les stations de ski et les voies de communication. Ce sont des gens qui viennent chez nous pour apprendre à comprendre la neige, à estimer le danger d’avalanche, à comprendre le bulletin d’avalanche, à déterminer quand il faut déclencher des avalanches artificielles (afin d’éviter d’avoir par la suite des avalanches non contrôlées), à déterminer le moment de fermeture et d’ouverture les routes. Un troisième aspect du métier concerne le domaine de la glisse. Nous essayons de comprendre comment se comporte la neige avec la température, comment elle réagit par rapport aux skis. C’est un côté sympathique de la recherche pour pouvoir améliorer la performance des skieurs. Maintenant, ce n’est peut-être pas spécialement une bonne époque, mais cela fait longtemps que nous le faisons et il y a eu d’excellents résultats !
• Avez-vous déjà été pris dans une avalanche ou vécu une expérience proche ?
Oui : malheureusement, il s’agissait d’une avalanche meurtrière, mais, par rapport à mon expérience, elle m’a en même temps beaucoup appris. Nous étions un groupe de jeunes, accompagnés d’un guide. L’avalanche a entraîné la mort de trois personnes. Lors de ce drame, du fait qu’il n’existait pas encore d’appareil de recherche de victimes d’avalanche, les recherches sur place ne pouvaient se faire qu’au moyen d’un bâton de ski. Cet événement m’a fortement marqué : on a trouvé des personnes après 3 heures de recherche, alors qu’elles étaient encore chaudes. Cela veut dire que, si nous avions eu les moyens actuels, c'est-à-dire des détecteurs de victimes d’avalanche (DVA), pelles et sondes, nous aurions très certainement pu les sauver. C’est pourquoi, maintenant, je suis très sensible au matériel que l’on devrait avoir sur soit lorsque l’on fait du hors-piste ou de la randonnée: il nous donne une chance énorme de pouvoir nous en sortir, pour autant que l’on soit bien entraîné, avec une intervention dans les 10 à 15 minutes suivant un accident. Je trouve donc absurde de ne pas utiliser ce matériel sous prétexte que l’on prendrait ainsi plus de risques. C’est une question d’éducation et de philosophie : on doit se donner le maximum de chance, mais quand même toujours garder cette notion de risque à l’esprit. Il faut abandonner cette idée que l’on prendra plus de risque parce que l’on a du bon matériel. Ceci est aussi valable, par exemple, pour le casque à vélo ou pour la ceinture de sécurité.
• Qu’attendez-vous du prochain déclenchement, dans le cadre de vos recherches, dans le site de la vallée de la Sionne ?
Nous espérons toujours mieux connaître les avalanches, pour faire une meilleure modélisation pour les cartes de danger. Nous allons continuer à effectuer plus de mesures de pressions, de vitesses et de densité pour pouvoir développer de nouveaux modèles. Par exemple, nous possédons des modèles d’avalanches denses et d’avalanches de poudreuse, mais nous n’avons pas encore de modèles d’avalanches mixtes : or, dans la nature, 99% des avalanches le sont. Les vrais modèles représentant la vraie avalanche ne sont pas encore disponibles. Il s’agit donc d’obtenir de meilleures informations.
• Vous réjouissez-vous de ce déclenchement ? Etes-vous serein, craintif ?
C’est toujours extraordinaire de pouvoir essayer de comprendre la nature tout en la contemplant. On se sent bien ! Maintenant, nous ne sommes non pas craintifs (car si nous l’étions, ce serait dangereux : cela voudrait dire que la gestion, dans les limites de l’inconnue de la nature, ne serait pas optimale), mais très attentifs pour ne pas commettre d’erreur. L’erreur n’est pas permise, les conséquences pouvant s’en révéler tragiques.
• Quel est l’avenir de la recherche dans la nivologie, faudra-il encore des dizaines d’années avant de percer certains secrets?
Nous sommes loin de pouvoir actuellement définir le lieu et le moment exacts où l’avalanche surviendra et ne sais pas si une fois nous le pourrons. En tant qu’homme, je préfère encore garder une inconnue vis-à-vis de la nature. Toutefois, en tant que personne responsable de sécurité, il est clair que ce serait idéal de pouvoir définir quand une avalanche va partir. Cependant, il y a de nombreux paramètres entrant en jeu que nous ne sommes pas encore en mesure de gérer.
Merci!
SA
Friday 21 September 2007
Venue de Blocher à Lausanne : deux manifestations vues de l’intérieur
By Sébastien on Friday 21 September 2007, 02:45 - Reportage
« Nique la police, nique la justice ouh ouh »… Au milieu des flammes résonne le son grésillé d’un natel. Quel âge donner au propriétaire du portable? 12 ans, 14 ans ? Pas le temps de compter précisément les années de ce visage frêle : un lacrymogène fuse par-dessus les têtes. Cinquante mètres de course plus loin, un autre jeune s'écrie: « Balance le caillou le plus fort possible sur ces salopards de flics ». Comment en est-on arrivé là ?

Tout avait pourtant bien commencé. En arrivant sur la place de Palud, lieu
de départ de la manifestation contre la venue de Christoph Blocher à Lausanne,
la foule déjà présente est surprenante par sa masse. Il y a évidemment les
inévitables roots hippies, les punks boutonneux à crêtes bien plus acérées que
leurs convictions, mais surtout de nombreuses familles. De la fillette à la
grand-mère, l’attroupement atteint 2000 personnes environ. Un succès certain
pour les organisateurs qui n’attendaient pas plus de 1000 individus.
L’omniprésence médiatique agaçante de Blocher durant les semaines précédentes y
est certainement pour beaucoup.
« Ni moutons blancs ni moutons noirs: le racisme ne passera pas par
nous » : scandant ce slogan en coeur, le troupeau coloré se met en marche
en direction du Comptoir suisse, lieu où Blocher doit prononcer une allocution
officielle. La procession remonte pacifiquement les rues lausannoises. Seules
quelques bombes à eau jetées par des opposants à la manifestation du haut de
leurs immeubles ainsi que des tags revanchards viennent très légèrement
perturber le calme si propre à la Suisse.
Une fois atteint le Comptoir, face la campagne actuelle raciste de l’UDC, des
officiels se succèdent pour clamer leur indignation. La foule dense les
approuve par des applaudissements soutenus. Non, la haine raciale ne doit pas
passer.
Alors que les organisateurs annoncent la fin officielle d’une manifestation
réussie, un groupe d’une dizaine d’individus, majoritairement cagoulées de
manière sommaire, se dirige vers les barricades vitrées du comptoir en
invectivant les autres manifestants à les rejoindre. Quelques minutes plus
tard, le mince parvis du Comptoir est rempli de personnes clamant des phrases
haineuses à l’intention de Blocher et des policiers parqués derrière les
vitres. Deux jeunes tentent bien de dissoudre cet attroupement en criant qu’il
ne fera que nuire à l’image de la manifestation et offrir une tribune de
premier choix à la figure de proue de l’UDC. En vain. Les tags se tracent sur
la devanture, les premiers objets fusent en direction de la police stoïque, des
coups de pied entreprennent de briser l’épais vitrage.
Après plusieurs avertissements, la réaction policière face à l’absence de recul
des fauteurs de trouble a lieu. Des sprays au poivre repoussent la horde. Un
front de policiers aux allures de Robocop débarque d’une rue adjacente pour
venir faire face aux rares manifestants encore sur place. Sacs poubelles et de
bouteilles volent en direction des nouveaux venus. Ce spectacle affligeant dure
longuement avant que la police ne se décide à charger. Les casseurs fuient à
grandes enjambées sous le soleil se couchant sur la capitale vaudoise.
Ce n’est pourtant pas l’embrasement du ciel qui se fera le plus remarquer en ce
début de soirée. Tandis que la nuit tombe, les rues s’éclairent non pas de la
traditionnelle fée électricité, mais de hautes flammes. Une cinquantaine
d’énergumènes, très jeunes pour la plupart, dressant et enflammant des
barricades improvisées, jouent violemment au chat et à la souris durant une
heure avec la police. Toutefois, ni les multiples containers enflammés, ni les
projections de pierres n’ont raison de l’avancée policière. Lentement, mais
inévitablement, les casseurs sont dispersés par les lacrymogènes et
définitivement dissuadés de toute rébellion suite à deux arrestations musclées
des forces de l’ordre.
Que retenir de ces deux manifestations ? Une minorité d’individus a
gâché le succès espéré d’une majorité. Les motivations des casseurs sont
difficiles à comprendre. Un engagement politique réel ne peut en tout cas pas
être mis en avant vu la moyenne d’âge de ces derniers. Est-ce la culture des
jeux vidéos violents ? J’en doute. Peut-être est-ce le manque de défis et
d’adrénaline d’une jeunesse dorlotée dans une société assistée.
Les photographes (dont je fais partie) et les journalistes ont fait la part
belle aux fauteurs de trouble de la seconde manifestation. Les articles publiés
ces jours se sont principalement focalisés sur les violences, en omettant les
côtés positifs du premier rassemblement et en faisant ainsi le jeu de Blocher.
Peut-on pour autant en vouloir à la presse ? Il me semble que non :
au-delà du gouvernement, nous avons la presse que nous méritons. Dommage.
SA
NB: les photos suivront très prochainement.
Saturday 1 September 2007
Teaser: Rencontre du troisième type
By Sébastien on Saturday 1 September 2007, 16:40
Il avait été annoncé, le voici enfin tout frais et en exclusivité sur le web: le teaser du film d'Arnaud Derib: "Rencontre du troisième type". Ce court métrage retrace la saison 06-07 de Sven Mermod et Cyril Néri... mais de loin pas que ça. Un petit scénario et troisième type viennent l'appuyer!
En avant les images!
Plus d'informations quant à la sortie du film seront prochainement disponibles sous: http://www.blankomneige.ch
Wednesday 29 August 2007
Exposition des projets de master 2007 SIE-GC - ENAC - EPFL
By Sébastien on Wednesday 29 August 2007, 00:02 - News
Non, il ne s'agit pas d'une exposition de photos! Graphismes
Graphiques, pardon, et autres illustrations y seront bien présents en masse,
mais "l'art" sera plus abstrait et confus que lors d'une usuelle expo!
Pour ma part, l'EPFL a pris fin hier. Me voici à l'aube d'une autre vie, libre d'aspirer à la photographie ou plutôt, idéalement, prêt à combiner ingénieries de l'environnement et photographie sous forme de communication environnementale... l'avenir le dira!
En attendant, voici mes CVs et l'affiche annonçant l'expo, avec pour la section SIE, l'une de mes photos, prise à Mar del Plata, en Argentine.
CV d'Ingénieur en environnement EPFL

Friday 17 August 2007
Les Diablerets sous les spatules de Sven Mermod
By Sébastien on Friday 17 August 2007, 15:21
Vidéo de Sven Mermod lors de la saison 05-06 (tournée sur deux jours par Cyril Néri et Arnaud Derib au glacier des Diablerets). Très peu de blabla, juste de belles images... l'idéal non?
Vidéo: Les Diablerets sous les spatules de Sven Mermod
PS: attendez-vous encore à mieux cette année... le teaser qui devrait se retrouver sous peu ici vous en donnera un avant-goût!
Tuesday 14 August 2007
Sarajevo, la flamme brûle encore.
By Sébastien on Tuesday 14 August 2007, 18:54 - Reportage
En février dernier, nous sommes partis à la recherche des traces des jeux olympiques de 1984 en (ex-)Yougolsavie. Au-delà des quelques photos que vous avez pu voir sur le site, voici, en exclusivité, le texte accompagnatif (à paraître sous peu) écrit par François Ruchti:
Sarajevo, la flamme brûle encore.
Plus de vingt ans après les Jeux olympiques, la ville de Sarajevo est toujours à la recherche de son passé glorieux. Entre les impacts de balles et les champs de mines, ski reportage sur une région qui se relève d’une guerre fratricide.
Kosmopolitiski, liriski, prijateljski. Avec ces quelques mots qui décrivent à merveille la ville de Sarajevo, il ne faut pas s’étonner que cette cité soit reconnue comme un haut lieu du ski. Les deux stations de ski des Jeux olympiques de 1984 ; Bjelasnica et Jahorina situées sur les montagnes qui entourent la capitale de Bosnie Herzégovine offrent de jolies possibilités pour les sports de neige. Bien que la plupart des infrastructures ait été endommagée durant la guerre, les téléskis fonctionnent toujours. Ville assiégée et meurtrie par la guerre, mais aussi ville multiculturelle au passé olympique, l’image internationale de Sarajevo reste toutefois encore bien confuse pour les skieurs hésitants. Sans véritable stratégie de développement touristique, le retour à ce que d’aucun appel l’âge d’or se fait donc à un rythme tout bosniaque ; en douceur et sans stress.
« Ce fut un des plus beaux moments dans l’histoire de Sarajevo» C’est ainsi que M. Abid Saric, ministre du canton de Sarajevo décrit la période des Jeux olympiques de 1984. Il faut dire que durant les 20 jours de la manifestation, l’ensemble du peuple de Yougoslavie était uni derrière ses compétiteurs. Jure Franko fut élevé au rang de héros national lorsqu’il obtient la seule et unique médaille remportée par le pays organisateur. Il termina deuxième au slalom géant grâce à une deuxième manche proche de la perfection. Cette médaille fut d’autant plus fêtée qu’elle était inespérée. Les grands favoris de l’époque étaient comme aujourd’hui les Autrichiens. Ceux-ci pourtant ne brillèrent que par leur absence. Quant à la légende de l’époque Igemar Stenmark, il ne put même pas prendre le départ de la compétition pour cause de « professionnalisme ». Chez les femmes, c’est la jeune Française Perrine Pelen qui marqua les esprits. Elle se classa deuxième du slalom et troisième du géant. Elle permit à la délégation de l’hexagone de repartir avec un bilan honorable compte tenu du faible nombre de représentants tricolores. À peine 30 athlètes sur les 1410 des 49 nations participantes à cette quatorzième olympiade. Les nations les plus représentées étaient bien entendues l’Allemagne de l’Est, l’URSS et les États-Unis qui se faisaient la guerre sur les pistes froides des 39 épreuves inscrites au programme. Les archives du Comité international olympique font état de plus de 700 000 spectateurs sur place. Au delà des chiffres, ces jeux furent de l’aveu même de M.Samaranch, ancien président du CIO, une des plus belles manifestations sportives du siècle. Ce n’est pas les habitants de Sarajevo qui vous diront le contraire. Parler de cette époque, c’est comme évoquer un passé mythique. Pour Zoran Herceg, jeune habitant de Sarajevo ; « bien sûr que le régime titiste était une dictature, mais le pays était uni et prospère. Les Jeux olympiques sont vraiment une période de notre histoire qui est considérée comme un âge d’or ».
La guerre n’a pas tout effacé De cette époque heureuse, la ville de Sarajevo a conservé plus que des souvenirs. Le stade du Kosevo où c’est déroulé la cérémonie olympique existe encore. Durant la guerre, il fut tour à tour camps pour réfugiés et bases des casques bleus. Actuellement, il a retrouvé son rôle festif et sportif. L’équipe de foot de Sarajevo y joue dans l’ombre de la flamme olympique qui brûle toujours sur l’aile Est. Le village olympique est quant a lui devenu une zone résidentielle d’un charme discutable. Elle ne se démarque pas de l’architecture communiste de l’ouest de la ville encore très peu reconstruit depuis la guerre. Tout proche se trouve aussi l’hôtel olympique, résidence des officiels qui fut rachetée par la chaîne d’hôtellerie Holiday Inn. Bien que le centre-ville soit complètement reconstruit, seuls quelques magasins de souvenir rappellent le passé olympique de la cité. Ceci s’expliquer par un développement historique de la ville en palliés. Chaque époque amenant une nouvelle zone architecturale. Plus vous poussez direction l’Est plus vous remontez le temps. Bascasija est le quartier le plus ancien de la ville. Artisans, petits vendeurs et restaurateurs s’y côtoient. C’est l’endroit parfait pour manger un Cevapi. Ce mets est une institution en Bosnie. Il est à base de pain, de boulettes de viande, d’oignons et de crème. Il se mange avec les mains, à toutes les heures. Il remplace à la perfection le Mc Do inexistant.
La cabane de départ est toujours là N’en déplaise aux muezzins ou aux cloches des églises, l’appel du ski se fait vite sentir. Il faut dire que Sarajevo est entourée de montagnes. Les deux massifs les plus connus sont Jahorina et Bjelasnica. Sur le premier, se trouve la station de ski qui accueillit les épreuves dames des Jeux. Située dans la partie serbe de la Bosnie, Jahorina fut relativement épargnée par la guerre. Pour y accéder, il faut passer par Pale. Cette bourgade est tristement connue pour avoir abrité le Quartier général de Mladic, chef de guerre nationaliste serbe. Armé de ski Fischer, c’est les touristes slovènes qui, maintenant, ont pris l’offensive à Jahorina. Malgré l’ambiance alcoolisée sur la piste comme dans les bars, les pentes sont relativement faibles. En 1984, les organisateurs de la descente avaient même dû construire une butte artificielle afin d’atteindre les 800 mètres de dénivelé obligatoire. Avec une dizaine de téléskis, la station offre tout de même de bonnes possibilités. On peut même se prendre à rêver de disputer une course des Jeux olympiques. Dans la cabane de départ encore intact, il ne manque plus que le portillon pour s’y croire. La seconde station de ski, Bjelasnica, est plus à l’Ouest. Elle n’est qu’à une demi-heure de voiture du centre ville. Lors des Jeux olympiques, l’ensemble des épreuves masculines de ski ainsi que du saut à ski y fut organisé. C’est notamment sur ces pentes que l’américain Bill Johnson remporta la descente. Alors que ses compatriotes Phil et Steve Mahre s’adjugèrent les deux premières places du Slalom. Actuellement il reste de la station de ski, Babin do, que quelques téléskis en état de marche. Il ne faut pas oublier que le massif de Bjelasnica-Igman fut le théâtre d’affrontement violent durant la guerre de Bosnie. Les stigmates du combat sont encore bien visibles sur les nombreux bâtiments en cour de reconstruction. En outre, il est fréquent de croiser les panneaux rouges pas très rassurants signalant les terrains minés ! Même si le gouvernement nous a certifié que la zone était « cleared of mines », les spécialistes du déminage déconseillent vivement le hors-piste dans la région.
Beaucoup de projets, mais pas assez d’argent Bien que le problème des mines soit un frein important, le développement touristique semble plus que prometteur. À en croire les estimations de l’organisation mondiale du tourisme, il serait même potentiellement supérieur au boum touristique des années 2000 de la Croatie et de la Slovénie. Conscientes de ses atouts, les autorités bosniaques ont lancé des projets de rénovations importants pour les stations olympiques. Notamment le projet « Bjelanisca 2 ». Celui-ci vise à construire de nouvelles installations de ski ainsi que d’augmenter le parc immobilier. Actuellement, une bonne partie des hôtels sont en construction alors que les nouveaux télésièges restent du domaine de l’hypothétique. Après avoir axé l’effort de reconstruction sur les infrastructures de bases (routes, réseaux hydriques,..), l’aide internationale s’oriente aussi dans cette direction. Les espoirs sont importants. Paddy Ashdown, ancien haut représentant de la communauté international parle de créer le plus grand centre de ski de l’Europe du Sud Est. Malheureusement, les fonds ne semblent pas suivre l’optimisme occidental. Dans ce contexte, une nouvelle candidature aux Jeux olympiques pourrait être l’accélérateur indispensable. Mais de l’aveu même de M. Abid Saric, ministre de l’économie du canton de Sarajevo, la région dispose du potentiel, mais pas des fonds nécessaires pour une telle manifestation. Ceci explique en partie l’échec au premier tour de la candidature bosniaque aux Jeux 2010. Il est pourtant fort probable que la ville retente ça chance pour 2014. Ainsi 30 ans après, la flamme olympique brûlerait à nouveau dans les cœurs des habitants de Sarajevo.
François Ruchti
NB: photographies d'ambiances à Sarajevo et de ski bosniaque ici
Technique photo
By Sébastien on Tuesday 14 August 2007, 18:46 - Technique photo
Une quelconque question concernant la photo en général? A propos de l'une ou l'autre de mes images? Posez la en commentaire et, dans la mesure de mes connaissances, je tenterai d'y donner une réponse au plus vite!

Argentine: un été sous la neige
By Sébastien on Tuesday 14 August 2007, 18:30 - Reportage
Comme vous l'avez vraisemblablement vu, en compagnie de François Ruchti, nous sommes partis l'année dernière réaliser un reportage sur le ski en Argentine pour Freepresse. Pour celles et ceux qui n'auraient pas eu la chance (!) de lire l'article dans Skitime n°37, voici le texte de François Ruchti:
Un été sous la neige
Je croche les deux boucles de mes souliers, je resserre la lanière du tibia, j’ajuste le pantalon sur les bottes de ski puis je me redresse et par un mouvement de jambe brusque, je fais claquer deux fois mes skis au sol avant de m’engager dans la face pentue de Cerro Martin. Alors que je m’attendais à de la poudreuse, la neige est béton. J’exécute un virage dans l’urgence et de façon chaotique. Passé cette première courbe, tout mon corps se crispe pour affronter les rayons suivants. Cette tension est pourtant de courte durée. En effet, le manteau neigeux se détend et me laisse enfin savourer une descente freeride de plus de 800 mètres de dénivelé. Grisé par la vitesse, je me souviens à peine du voyage interminable qui nous a amenés sur les pistes andines. Celui-ci passe obligatoirement par Buenos Aires, mégapole au charme discutable et se prolonge sur plus de mille kilomètres dans la pampa avant de rejoindre les montagnes recouvertes de poudre blanche. Arrivé à la fin du run, les narines encore pleines de poudreuse, je n’ai qu’une envie : repartir l’été prochain!
Au sud des Andes Les possibilités de ski sont innombrables, mais pas les stations. Une dizaine de complexes de ski existe en Argentine. L’une des plus connues est Bariloche en Patagonie. Ville à l’aspect de village de montagne, elle est souvent décrite comme une station suisse. Il faut dire que la spécialité du coin est le chocolat. Le dépaysement culturel n’est pas à chercher dans les rues de Bariloche, mais plutôt dans la beauté sauvage de la région. Une fois arrivé sur les pistes de Cerro Catedral, la station de ski locale, on peut admirer un paysage à couper le souffle. Des montagnes alpestres aux arrêtes déchiquetées se découpent dans le ciel alors qu’à leur pied des forêts et des lacs s’étendent paisiblement. Le décor choque par son caractère sauvage. Les pentes ne sont peut-être pas très raides, mais elles sont vierges de traces laissées par l’homme. Il existe de jolis hors-pistes non loin du domaine officiel. Une combe encore inexploitée est facilement accecible au sommet des installations. Il y a aussi de magnifiques itinéraires de randonnées sur l’autre versant de la montagne. Le club andino vous indiquera ces courses passant par de nombreux refuges.
Foret magique et steak frittes sur les pistes En poussant plus au nord, on peut aller faire quelques courbes dans la station de Chapelco. San Martin de Los Andes est le village le plus proche de cette station qui se révèle être avant tout une plaisanterie pour freestyler. Il y a plus de restaurants qui servent le traditionnel baby steak de 450 grammes que de pistes dignes de ce nom. Avec nos skis d’ 1 mètre 90, les locos locaux nous regardaient comme des extraterrestres : la neige poudreuse est visiblement rarement au rendez-vous dans ce cette région. Seule une forêt magique aux troncs torsadés recouverte de gigantesques barbes de lichen et la présence d’un snow parc peuvent justifier le détour.
Skier plus vite que la lave Hiver oblige, il n’y a que très peu de cols ouverts pour passer la frontière. Depuis San Martin, les bus pour le Chili passent au pied du volcan Lanin. Il se laisse admirer durant l’interminable contrôle bureaucratique des gardes-frontières. Pucon, une petite ville touristique au pied du volcan chilien Villarica, est la destination idéale pour ramener plus qu’une photo de ces montagnes de feu. Le Villarica est un sommet blanc, esseulé qui crachote de minces fumées grisâtres. Dans notre auberge, notre logeuse nous explique que l’ascension est possible. Ce petit bout de femme au visage marqué par le soleil nous recommande de monter avec un guide et du matériel spécial. Casque, corde, baudrier et masque à gaz semblent obligatoires. Le prix étant exorbitant, plus de 80 dollars, nous décidons d’opter pour une approche plus légère pour notre dos et notre porte monnaie. Sans équipement autre que des crampons et une bonne connaissance de la montagne, nous gravissons le volcan en 4 heures. Au sommet, le magma noirci au contact de l’air tranche avec le manteau neigeux blanc de la montée. Entre deux fumées soufrées, on peut même apercevoir de la lave incandescente. La descente qui suit est très agréable. La pente permet de lâcher de grandes courbes dans une neige revenue.
La ville à la montagne Les yeux encore remplis de soufre, nous partons pour las Lenas. Pour y accéder depuis le Chili, on doit emprunter la fameuse panaméricaine. Cette route mythique qui traverse du sud au nord l’Amérique passe au travers des vallées perdues et des cols qui semblent infranchissables. Des carcasses de camions, à demi ensevelies sous un linceul de neige ne semblent pas troubler l’interminable file de poids lourds qui y circulent. Après deux jours de bus nous atteignons enfin la station de ski. La première impression est loin d’être bonne. Las Leñas ressemble à ces ratés architecturaux de station française sortie de nulle part. Comme à Tignes en pleine saison, les tarifs sont eux aussi atroces, même pour l’Argentine.
Hôtel fantôme En sacrifiant la vie nocturne, il est possible de séjourner à las Moelles, village à une trentaine de kilomètres de la station. Au delà du prix, c’est surtout l’hôtel abandonné à l’extrémité de la bourgade qui vaut le détour. Dans une ambiance de maison hantée, on trouve encore au milieu des ruines, les anciens bassins d’eaux chaudes du complexe. À la tombée de la nuit, alors que la neige recouvre les traces de pas, l’atmosphère à la blairwitch donnera des sueurs froides aux skieurs en manques de sensations fortes.
Le ski et rien d’autre À station de las Leñas, on vient pour le ski ! De ce côté-là, on n’est pas déçu. Le télésiège de Marte donne accès à un vaste domaine de hors-piste. Il y en a pour tous les goûts ; champs de poudre, couloirs ou itinéraires exposés. La clientèle qui est dans une large proportion composée de la Upper classe d’Argentine, ne pratique que très peu le hors-piste. Il y a donc que les quelques touristes américains ou européens pour vous gâcher le plaisir de la première trace. Mais il faut toutefois faire attention aux nombreux cailloux à peine cachés sous la neige. Ils risquent à tout moment de transformer une banale chute en quelque chose de dangereux. En marchant un peu, de magnifiques sommets offrent de belles possibilités de freeride. Que ça soit Cerro Martin, Cerro Negro ou Cerro Entre Rios, les pentes s’ouvrent et permettent de lancer des courbes sans retenue. Quel rêve, vivement l’été prochain !
François Ruchti
Exposition photo à Leysin
By Sébastien on Tuesday 14 August 2007, 18:02 - News
Depuis le Feydey'zart festival (flyer ci-dessous), j'expose une dizaine de clichés de neige et de glace dans la galerie de Nicolas Vaudroz. Je le remercie au passage, lui qui a la gentillesse de me prêter ce lieu d'exposition, au côté de ses superbes oeuvres!
Galerie Nantus Rue du commerce 1854 Leysin
N'hésitez pas à y faire un tour (téléphone de Nico afin d'être sûr de l'ouverture: 0792638819), que ce soit pour les peintures de Nico ou les photos!

Monday 13 August 2007
Bienvenue
By Sébastien on Monday 13 August 2007, 01:00 - News
La construction du site parvient enfin à terme! Entre la rédaction de mon mémoire à l'EPFL et divers travaux photographiques, le temps m'a quelque peu fait défaut.
Si vous relevez des bugs ou avez des propositions d'amélioration, n'hésitez pas à m'en faire part. Merci d'avance!
En attendant, une image de la semaine dernière: en-dessus du col du Grand Saint-Bernard, une ambiance hivernale à souhait vendredi 10 août; 50 à 70cm de neige poudreuse et un vent froid soutenu ont donné cette atmosphère quasi irréelle pour une mi-été.

Excellente visite,
Sébastien