Tel était le titre de mon projet présenté pour le Grand Prix International de Photographie de Vevey. Il n'a malheureusement pas été retenu parmis les lauréats finaux (vaiqueur: Geert GOIRIS). En voici tout de même les explications, en attendant les images à venir sur www.sebanex.com

Eloge du déchet

Le déchet, rebut de notre société à éradiquer?

Au moment où l’humanité consomme plus que la planète ne produit, le déchet véhicule depuis longtemps une image très négative. Est-ce cependant suffisant pour provoquer un changement de mentalité ? Assurément pas, tant l’on constate la croissance intense et persistante des flux et des masses de détritus. L’ancrage des réflexes et tares du conditionnement consumériste de l’être humain est tel que, dans l’immédiat en tout cas, celui-ci n’est pas prêt à modifier ses comportements et réduire de manière drastique le volume de déchets qu’il génère pour apporter une solution durable à cette problématique à la fois environnementale, sociale et économique.

Pourquoi dès lors ne pas tenter de modifier l’image et la voie du déchet ? A première vue, « le déchet positif » se conçoit mal ! Toutefois, une science novatrice, l’écologie industrielle, se propose d’en définir le concept. Se fondant et calquant sur le fonctionnement des systèmes naturels, elle tente d’optimiser les flux de déchets en bouclant énergétiquement au mieux les cycles de matières entre ressources et déchets : le déchet émanant d’une première activité est utilisé et se voit même valorisé comme ressource dans un processus subséquent. Dans ce simple schéma à deux compartiments, susceptible évidemment d’être développé et étendu, le déchet anoblit son statut en permettant la préservation d’une ressource primaire.

Dans cette perspective, je me propose tout d’abord de filer et fixer par la photographie le destin actuel des déchets de construction en Suisse, peu valorisés en l’état. Grâce à cette première approche sensibilisatrice et aux connaissances scientifiques acquises, un projet de remédiation au gaspillage de la matière pourra être mis à jour soit par le mémoire d’un étudiant, soit directement par le travail de professionnels du domaine, en l’espèce le bureau Ecoservices et des collaborateurs du GEDEC. Je suivrai ensuite le cheminement des écologues des temps modernes, allant de l’entrevue avec les industriels in situ à la mise en place des plans d’optimisation, en mettant en évidence tout à la fois les véritables avancées et progrès, les limites, les échecs et les failles entre idéalisme utopique et réalités. Mon travail tendra enfin à exprimer les modifications de l’image et de la voie du déchet, corollaires des mutations de sa gestion suite aux travaux susmentionnés.

Ce projet ne présentera pas seulement les caractères usuels d’information et de sensibilisation de l’image, souvent absorbée et digérée trop rapidement sans réelle prise de conscience par l’opinion publique. Il cherchera à profiler et construire un projet concret d’une amélioration environnementale au travers d’un photojournalisme que je ne veux pas purement descriptif, vulgarisateur et général, mais plutôt engagé, novateur, créatif, provocateur même et générateur, je l’espère, de changements effectifs.

Sébastien Anex