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Tag - Dupraz

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Monday 20 July 2009

Et si le réchauffement climatique poussait à la poudreuse d’été ?

Alors que des chutes de neige sont venues reblanchir les sommets ce week-end, voici un article écrit pour le magazine 7sky l'été dernier. Cliquez sur les vignettes des images à la fin du billet pour les voir en plus grand.

Hiver 2006-2007 : qui ne se souvient pas des bandes de neige canonnée au milieu des pâturages ? Terrible constat d’impuissance et d’échec de la technologie humaine lorsque ces dernières s’effacent sous les assauts répétés du foehn. Le réchauffement climatique ne peut plus être nié. Les conditions hivernales rapportées par nos grands-parents ne se reproduiront vraisemblablement plus suite à leur, mais encore plus à notre bêtise. Moins de poudre en hiver… que faire ? La chercher en été, tout simplement !



     Nicolas Vaudroz, les Diablerets - Glacier 3000, été 2008 - Référence: Bsum01

« La limite moyenne des chutes de neige remonte d’environ 100 m par décennie depuis les années 70 ». Martine Rebetez, scientifique de renom au WSL (Institut fédéral de recherches sur la forêt, la neige et le paysage) et professeur à l’Université de Neuchâtel le constate tout aussi scientifiquement que tristement dans ses études. Il faut savoir que le réchauffement climatique est deux fois plus marqué dans les Alpes du Nord que dans le reste du Monde. Au rythme où Celsius s’élève actuellement, il se pourrait que la température moyenne augmente de 8° dans nos montagnes d’ici 2100. Un mois comme avril 2007 (excédent thermique de 5 à 7.5° degré selon Meteosuisse) deviendrait alors la norme. Les conséquences sont évidentes pour tous les adeptes des joies nivéales ; une durée d’enneigement faible, une poudreuse rare et une limite pluie-neige élevée provoqueraient à coup sûr des signes dépressifs certains chez les glisseurs.

Alors ranger skis et snowboards au musée ? Changer de sport ? Abdiquer ? Trouver le plus haut pont et sauter ? Non, l’espoir fait vivre!

Selon René Reber, le plus ancien (ancestral même peut-être : celui-ci a déjà lu sa propre mort une fois dans la presse des années 30 suite à un accident) professeur de ski des Diablerets, il n’y a qu’un mois par année où la neige ne tombe pas à 1900m. Même si de nos jours, un brin d’optimisme réside derrière cette affirmation, celui qui veut esquisser quelques courbes en plein été, loin des glaciers peuplés et pollués de skieurs gangsters sur barres de fer, trouve toujours un moyen de parvenir à ses fins.

Il faut guetter les modèles météo, scruter le moindre flux de Nord-Ouest susceptible de blanchir les sommets, repérer les zones où des névés officieront comme couche de fond, arranger son planning pour le matin où le ciel se déchargera et surtout se nourrir d’illusions, espérer et profiter de la moindre occasion ! Suite à des observations aussi personnelles que subjectives sur les trois dernières années (rien, mais alors rien de scientifique à cela !), la neige fait son apparition de manière skiable en dessous de 2500m une fois par mois entre juin et septembre.

Pour les lecteurs tentés par l’expérience de la poudre estivale, voici quelques avertissements, constats et mises en bouche. Quand le matin du jour J, vous sortirez de chez vous, lourdement chargé d’une épaisse veste et du matériel de ski, un décalage face à l’univers extérieur se fera peut-être ressentir. Vous avancerez au travers d’un monde étrange, voir hostile, des arbres verdoyant de manière insolente à la grand-mère interrogative promenant son chien au petit matin. N’ayez pas peur de vivre des remarques à mi-voix du genre : « T’as vu ? Il doit lui manquer une case au pauvre type. » Qu’importe, tant qu’il y a la passion des flocons !

Une fois les premières neiges atteintes (idéalement avant 8h, histoire que le rayonnement ne les transforme pas trop), sachez que vous allez transpirer et suinter le gras accumulé durant l’hiver par les moindres pores. Crapahuter dans la neige en plein été demande logiquement un effort bien plus important qu’au mois de février.

Suite à ces deux éléments que certains considéreront comme négatifs (tentez de les voir comme drôles), le positif absolu. Vous vous retrouverez dans une montagne vierge. Une nature aux contrastes saisissants : l’écart substantiel, et inhabituel pour le skieur hivernal, entre la candeur de votre entourage direct et les prairies vertes en aval est d’une beauté surprenante. Seuls éléments humains proches, vos empreintes de montée. En dehors, pas de trace : en été, pas besoin de lutter pour dessiner la première, l’espace vous est entièrement dédié. Il ne reste alors plus qu’à se laisser glisser, chérir l’instant des premières courbes dans de la poudre légère jusqu’aux dernières, plus hésitantes lorsque roches et herbes recommencent à parsemer l’élément préféré.

Après la descente, que reste-t-il ? L’envie de recommencer bien sûr, mais aussi la jouissance de rentrer au bureau l’après-midi, le visage brûlé par le soleil et un large sourire aussi satisfait que rêveur aux lèvres.

Sébastien Anex



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Sunday 1 February 2009

Snowboard freeride par Nico Vaudroz au Glacier 3000


Nettement plus qu'une vidéo de qualité, un bon souvenir de ce début d'année. Voici un run de Nicolas Vaudroz sur sa Dupraz... filmé avec un petit appareil photo compact, couvert de poussières... et sans trépied pour couronner le tout!
(Cliquez sur le lien ci-dessous si aucune image ne s'affiche.)

Snowboard freeride par Nico Vaudroz

Thursday 28 February 2008

Rayonnante balade au pays sans soleil

30 mètres de neige ? S’agit-il d’un glacier ? Non, tout simplement de la quantité de poudre qu’a reçue la station de Mount Baker sur la saison 98-99. Record mondial sur un domaine skiable évidemment. Le quidam se dit « Oui, mais c’était il y a 10 ans. De nos jours, réchauffement climatique oblige, de telles quantités sont inimaginables ». En dehors du fait que des déductions climatiques ne peuvent porter sur un laps de temps aussi faible, la petite station du far west étasunien continue à s’enfoncer sous des mètres de neige année après année. Retour sur un terrain de jeu que les D1 ont adoré !

Serge Dupraz contacte ses riders, Ludo Strohl, Polo Delerue et Nico Vaudroz : « Un bank slalom mythique et des descentes freeride à volonté, ça vous tente ? ». Une question qui ne nécessite ni précisions, ni réponse. Tout le monde n’a pas les mêmes disponibilités et les retrouvailles à Vancouver sont un brin aléatoires. Cependant, motivée par la même idylle « poudreusorgasmique », l’équipe se retrouve finalement au complet pour passer la frontière.
Après un passage on ne peut plus commode des douanes américaines (le grand sourire de Ludo n’y étant très certainement pas pour rien), changement de décors : à la périphérie urbanisée de Vancouver succèdent des paysages dignes des films far west. On s’imagine aisément que s’éloigner de 10 kilomètres à gauche ou droite de la route sans boussole nous condamnerait à tenter de survivre de mousses et d’eau fraîche, en évitant soigneusement de croiser le chemin d’un ours affamé ! Au contraire de l’Europe centrale, les marques anthropiques sont ici peu présentes, pour ne pas dire totalement absentes. Le franchissement d’une crête ne mène pas à une autre vallée parsemée de chalets, mais à une rivière entourée de vastes forêts composant une nature encore préservée.
Non désireux d’affronter les grizzlis en s’enfonçant dans la jungle forestière (le remake du film « Into the wild » n’est pas encore prévu), les amis de la D1 poursuivent leur route en direction de la station. Après quelques miles, la pluie, tombant sans discontinuer depuis l’arrivée canadienne, se mélange aux flocons. Rapidement les bas côtés de la route se transforment en hauts côtés. Les dernières épingles conduisant à la station ressemblent même à une véritable tranchée. Non, les murs de neige ne proviennent pas d’un passage dans un couloir à avalanche ; la continuité des murailles est parfaite. Le bulletin d’enneigement annonçant plus de 5 mètres de neige au sol en bas de la station n’était donc pas aussi fantaisiste que ceux que les offices du tourisme alpins publient.
La station correspond à son environnement peu aménagé : un unique bâtiment à la base et quelques télésièges s’effaçant rapidement dans la tempête de neige. Un panneau indique que 50cm sont tombés durant les dernières 24 heures et que le snowpark est enterré. Après une discussion avec les locaux, on apprend que la situation est simplement normale. A défaut du soleil, les visages de Ludo, Polo et Nico, déjà enthousiastes avant l’arrivée, rayonnent de sourires resplendissants. Sans attendre, les premières lignes sont tracées. Etonnant pour les européens, aucun bruit suspect sous les planches quel que soit l’endroit où l’on passe : ici, ce ne sont pas les vernes ou les rochers qui sont redoutés, seules doivent être prises en compte pour chaque descente les pointes de sapin ! La poudre vole sur des mètres ; même dans les rêves les plus fous, autant de neige n’avait encore pu être imaginée.
Une brève trêve au pays des merveilles : le « Legendary Banked Slalom », l’une des premières compétitions de snowboard, attend les D1. Depuis plus de 20 ans, les légendes se sont succédées au palmarès de cette course : Shaun Palmer, Terje Haakonsen, ou encore Victoria Jealouse sont tout un chacun repartis avec le rouleau de Duck Tape promis au vainqueur. Un lot ô combien surprenant au premier abord, mais évident après réflexion : au début des années huitante, le duck tape était le meilleur ami du snowboardeur : attacher sa planche, réparer ses habits ou s’improviser des boots à partir de chaussures normales était presque le quotidien de tout monopède !
Des légendes véritables… pourquoi alors ne pas voir une Dupraz au sommet ? Malheureusement, ce n’est pas cette année que la planche sera consacrée. Après une bonne première partie, emportés par la fougue, Polo et Ludo sortent du tracé au dernier virage des qualifications. Faute à la météo capricieuse, la route d’accès à la station est fermée et la deuxième journée qualificative n’a pas lieu. La finale se déroule, sans D1, un jour plus tard et voit (ou plutôt entraperçoit) gagner Temple Cummins au travers d’une nouvelle tempête de neige.
Qu’importe ! Plus de temps peut ainsi être accordé à la découverte du domaine. Pillows énormes, traces recouvertes du jour au lendemain, réceptions de sauts sans heurs… la « normalité » de Mount-Baker est assurément très plaisante. Pour sûr, le rendez-vous est déjà pris pour l’année prochaine, sous des tonnes de neige… comme d’habitude !

PS: photos disponibles sur www.sebanex.com

Friday 26 October 2007

Snowboards Dupraz: nouvelle gamme saison 2007-2008

Note: les photos de promotion des snowboards Dupraz sont disponibles sur mon site.

Fort de l'amitié avec Nicolas Vaudroz ainsi que de la nouvelle et sympathique collaboration avec Serge Dupraz, voici la présentation de la gamme D1 pour l'hiver à venir.
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Notez la planche à droite, peinte par Nico. L'originale est bien évidemment visible dans sa galerie à Leysin.