Impressions photographiques

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Tuesday 15 March 2011

Opération Guillaume Tell : les Confessions intimes Suisses


    Fidel Petros et Yohan Ziehli remplacent un panneau "commune d'Europe" par une pancarte "commune de Suisse". Cliquez sur l'image pour l'afficher en plus grand.

 

Vendredi soir, 23h30. Confortablement installé devant TF1 à se goberger de la misère d'autrui? Non. Mon programme est moins alléchant: je m'apprête à photographier des panneaux routiers en compagnie de jeunes UDC. C'est ainsi l'œil déjà presque fermé que je conduis vers le point de rencontre. Toutefois, le déroulement de la nuit démentira mon appréhension.

 

Le Matin Dimanche a été averti du déroulement de l'opération "Guillaume Tell". A l'aube d'un week-end électoral, les jeunes UDC vont recouvrir les panneaux "Commune d'Europe" par des placards "Commune de Suisse". Estimant les sigles européens, n'ayant pourtant quasiment qu'une valeur touristique, trop tendancieux, les jeunesses du parti majoritaire (voir les images de l'assemblée nationale) ont pour mission de masquer en une nuit l'hégémonie de l'abominable UE.

 

Arrivant sur le parking du rendez-vous, je me réveille directement lorsque deux "Men in Black" se dirigent l'air décidé vers la voiture estampillée des couleurs de l'hebdomadaire précité. Je me demande ce qu'ils me veulent jusqu'à comprendre que ce seront eux les héros de la soirée. Ils paraissent jeunes, très jeunes, mais, en dehors des traditionnels boutons d'acné adolescents, ils sont beaux et fringants. Très classe dans leur costume fraîchement reçus. Trop classe au milieu des autres jeunes prêts à faire la fête en cette nuit.

 

En face de moi, deux gymnasiens de 17 ans : Yohan Ziehli et Fidel Petros. Ils sont engagés pour le parti. Le premier est président des jeunes UDC de la section Riviera – Pays d'Enhaut, le second est caissier de l'association. Un troisième larron est encore présent : le conducteur. Avant même que j'aie sorti mon appareil photo, il m'indique : "Moi, j'y suis pour rien, je ne participe pas à l'action, je ne veux pas apparaître en photo... et ne photographiez pas ma voiture non plus." Plus tard, nous apprendrons qu'il s'agit également de l'un des pontes locaux de l'UDC. Dès ce moment, je me dis que TF1 aurait matière à tourner un épisode de Confessions intimes.

 

Pas le temps de s'attarder sur de courtoises salutations, il y a du boulot. Une trentaine de panneaux doivent être apposés durant la nuit entre Lausanne et Bex. Notre première cible, Lutry. On se gare à une centaine de mètres de l'entrée du village ; il ne faudrait pas être repéré et gâcher la mission. En toute discrétion, nous nous dirigeons vers le lieu d'action. Marcher le long de la route cantonale n'est pas des plus rassurants. Qu'importe, la fougue et l'excitation font oublier le danger à nos deux acteurs. Pour ma part, sortir les flashs pour figer l'action était une obligation au vu de l'absence de lumière, mais cela s'est aussi par la suite révélé être une protection : sitôt un flash vu par un automobiliste, un coup de frein énorme est donné et le véhicule se retrouve tout au plus à 40km/h au lieu des 80 autorisés !

 

A peine quelques photos plus tard, Yohan reçoit un appel du pilote mentor (resté sagement à l'abri du trafic et des regards dans sa voiture) : il n'y a pas de temps à perdre, il faut continuer la route. Ni une ni deux, nous repartons en direction de l'entrée opposée de Lutry. Nous l'outrepassons, tournons à Lausanne avant de revenir, non sans quelques hésitations, au point de départ. Nous sommes-nous perdus ? "Non, évidemment ! Mais les endroits que l'on visait étaient trop élevés pour être atteints. Le repérage sur cette région n'a pas pu être réalisé de manière optimale". Ainsi soit-il.

 

Notre second arrêt est Paudex. Le sigle européen est placé à un peu plus de deux mètres. L'activité physique peut commencer pour les deux politiciens en herbe. Voir sautiller et s'acharner deux bonhommes contre un poteau à presqu'une heure du matin est comique. Mon objectif a patiemment espéré une figure de courte échelle, mais en vain malheureusement !

 

Deux couronnes étoilées sont maintenant masquées. En route pour les suivantes. C'est là que le programme se corse. On roule, on roule et on tourne sur route. Nous sommes-nous perdus ? "Non, évidemment ! Mais il y en a moins qu'on pensait de ces panneaux finalement", nous rétorque-t-on de manière  plus convaincue que convaincante, mais ainsi soit-il. A nouveau !

 

A 2h (horaire de fin initialement prévu, mais ensuite revu à 4h sur une note d'optimisme), alors qu'une Europe de plus a disparu (non sans détours et autres errances), nous atteignons Epalinges. Une fois le carton Suisse posé, une bande de jeunes débarque. Sans animosité, mais avec humour et interrogations. Tous désirent poser avec ceux qui seront leur animation de la nuit. La cravate "moutons blancs" de Yohan est le centre d'attraction et la source de rires. Fidel est interrogé sur son appartenance à ce parti en tant que "mouton noir apparent". Il se justifie en disant ne pas avoir été considéré en fonction de sa couleur de peau, mais en tant que personne à son entrée à l'UDC. Ceci ne fait l'ombre d'aucun doute. Fidel est évidemment une force de conviction supplémentaire pour le parti.

 

Ma carte mémoire étant remplie de clichés et la durée d'un épisode de Confessions intimes déjà largement dépassée, mon chemin se séparera ici de celui de Yohan et Fidel. Je ne saurai jamais combien de panneaux ils auront posés (au rythme initié, une douzaine!), mais je ne regrette en rien de n'avoir pu dormir. Assister en live à une émission incontournable de TF1 était "tristement enrichissant". Par contre, je me demande si Yohan et Fidel n'auraient pas, eux, mieux fait de simplement compter les moutons.

 

Ci-dessous, encore deux photos de l'action à Lutry.


                                                                                       



                                                                                       


Thursday 9 December 2010

Retour en images sur l'assemblée de l'UDC à Coinsins


    Un enfant à l'assemblée des délégués UDC à Coinsins, photographiée pour le "Matin Dimanche" le 04.12.2010.


Chargé de couvrir l'assemblée des délégués de l'UDC (Union Démocratique du Centre) pour le Matin Dimanche, j'ai directement su que mon objectif pourrait s'offrir quelques scènes singulières. Pourquoi? Au delà des personnages, déjà simplement par le lieu choisi pour tenir ce congrès: un champs enneigé en-dessus de Gland, à Coinsins. Après s'être vu fermer les portes de l'UNIL et du Palais de Beaulieu, l'UDC a opté pour un lieu pour le moins incongru, mais pas si inopportun au final. Se plaçant en victime, le parti "agrarien" a réussi une belle opération de marketing. Les médias se sont relayés pour offrir une large place à cette réunion et l'UDC a pu se parer d'une image, au propre comme au figuré, de parti proche de la terre et du peuple.

Si tout a été dit dans les journaux (voir l'article du Matin Dimanche), je m'étonnerai simplement pour ma part de retrouver sous une même bannière, des milieux diamétralement opposés à première vue: que font de richissimes Zurichois avec des agriculteurs du Gros de Vaud et certaines personnes aux penchants de très extrême droite? Pas de réponse, mais une série de photos pour raconter en quelques pixels cette assemblée.



                                                                                       


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