
Un chantier commun avec des flashs déportés, le
16.12.2010. Cliquez sur l'image pour l'afficher en plus grand.
Envoyé par le magazine Télé top matin dans le Nord de la France pour couvrir
le tournage d'une émission de TF1, je me suis inquiété à l'annonce de
la vraisemblable absence de prise de vue lors de mon bref séjour. De
prime abord, la seule scène à photographier était un chantier.
Immortaliser un tel lieu de travail peut se révéler fort esthétique lorsqu'il
s'agit d'un œuvre majeure (je pense ici par exemple au
percement du tunnel du Gothard, à l'édification du Learning Center à l'EPFL
ou encore à la transformation du quartier d'Issy-les-Moulineaux à
Paris). Mais que faire lorsque le "chantier" est une simple rénovation
interne d'un bâtiment?
Je dois avouer avoir été un peu perplexe en pénétrant une demeure
dégradée qui, on l'espère, deviendra un jour un splendide restaurant.
Ramener des clichés plats de réaménagement intérieur après avoir traversé
la moitié de la France est faible. Que faire pour parer à cette situation?
Dans un premier temps, repérer les lieux et identifier l'endroit le plus
photogénique. Dans ce cas, il s'agissait d'une porte donnant sur un pièce à
fond rose où officiaient deux travailleurs. Ensuite, point important lorsque la
lumière naturelle est absente, jouer avec des flashs.
Voici quatre différents schémas d'éclairage évolutif pour une même
scène.

Dans le premier cas, un seul flash: celui intégré au boîtier. Le résultat
est misérable: une lumière dure écrase toute la scène:
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Dans le second cas (ma première prise de vue véritable), toujours un unique
éclair: celui d'un Elinchrom Ranger
Quadra RX, soigneusement entouré d'un softbox, déporté à l'arrière du
premier plan et masqué par le mur. En optant pour ce lieu, je désirais profiter
de l'ouverture offerte par la porte. Le but premier est atteint, mais nous
sommes loin d'une bonne image. La lumière est certes plus douce, mais le sujet
est mal éclairé: tout son côté droit est bouché:
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Dans le troisième cas, deux flashs: le softbox n'est pas déplacé, mais un
flash cobra est installé derrière le mur, à l'opposé de la première lampe.
Celui-ci est "sensé" déboucher les ombres (je dis sensé, car à vrai
dire, face à l'urgence de la situation (fin de journée, les ouvriers
terminaient leur travail), je n'ai pas pris le temps de le placer idéalement).
Je modifie légèrement mon cadrage pour rapidement me rendre compte, qu'au delà
de l'effet sympathique des ombres dures du charriot, il y a mieux à faire avec
le premier plan...
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Dans le dernier cas, les deux flashs précités sont conservés. Toutefois, le
cobra est déplacé à l'avant du mur pour venir subtilement mettre en valeur les
détails du premier plan. L'effet bleuté n'est pas obtenu grâce à quelconque
filtre apposé au cobra, mais simplement par la différence de température
de couleur des flashs. La balance des blancs de mon appareil est ajustée au
Ranger Quadra RX, ce qui fait que les couleurs du second plan ont un rendu
"réel", tandis que le flash cobra, produisant une lumière plus froide, bleuit
l'avant de la scène.
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Cinq minutes après cette photo, les travailleurs étaient rentrés. Si plus de
temps (et de matériel: mandaté dans une optique première de
reportage, je m'étais affranchi du transport d'une seconde lampe Elinchrom)
avait été à disposition, on aurait pu se poser la question de déboucher les
ombres à droite sur ce dernier cliché (en utilisant un deuxième softbox en
lieu et place du flash cobra sur la troisième photo). Dans le cas
présent, la disposition du sujet principal face au
softbox annihile l'éventuel problème.
Pour la petite histoire, le lendemain de cette séance photo, les caméras de
TF1 ont bien daigné tourner quelques minutes. Je suppose que ce seront donc ces
dernières images qui seront à voir dans le magazine au printemps. Si cette
photo de chantier risque de terminer ainsi au garage, elle n'en demeure pas
moins la trace d'un agréable challenge. Ne pas présenter la réalité de
manière purement journalistique, mais offrir un brin de rêve à partir de
qui paraît être le néant est un petit défi!
