Impressions photographiques

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Friday 5 February 2010

Le coucher de soleil version ski

Un ciel s'embrase. Que c'est beau: des couleurs chatoyantes, une atmosphère aussi déchirée que calme. Pour peu que l'on se trouve à ce moment au bord de la mer en prenant la peine d'appuyer sur le déclencheur, on obtiendra la plus "incroyable" photo de nature qui soit.

Aux yeux de la majorité, une image de coucher de soleil représente la photo la mieux réussie, la plus éblouissante. Mais, finalement, le coucher de soleil aux Caraïbes n'est-il pas exactement le même qu'en Argentine ou en Toscane? Quoi de plus banal et répétitif que ce sempiternel tombé de jour?

    François Ruchti saute une barre aux Diablerets, février 2010 - Référence: Bar01 - Cliquez sur l'image pour la voir en plus grand.

Dans le domaine du ski freeride, la photo correspondant au déclin solaire pourrait être celle du saut de barre. L'image n'a aucun besoin d'être esthétique (un cadrage régulièrement identique), elle impressionne simplement par la performance du skieur. Il est pour le moins surprenant qu'elle vienne à être jugée belle en fonction de ce "simple" critère. J'ai posté l'illustration ci-dessus sur quelques forums de photos et de ski en tant que photo souvenir (j'ai de moins en moins l'occasion de skier en compagnie de mon ami skieur François Ruchti, d'où une immortalisation bien trop massive de nos sorties): quelle ne fut pas ma surprise face au succès qu'elle a rencontré! Que de commentaires positifs, alors que, pour d'autres images à mon avis bien plus créatives, les participants des divers forums demeurent muets.

Mes critères d'esthétique sont-ils à ce point singuliers? Devrais-je me (re)mettre à combiner coucher de soleil et ski pour obtenir des clichés de skieurs glissant sur une neige orangée? Ou serait-ce plutôt l'expression d'une frustration au constalt que l'action l'emporte sur le cadrage et la composition photographiques?!

Saturday 5 September 2009

Réchauffement climatique. Et alors?

Ci-dessous, un court-métrage (tourné avec François Ruchti et monté par les soins de ce dernier) avançant une interrogation sur le réchauffement climatique:

(Cliquez sur le lien ci-dessous si aucune image ne s'affiche.)

Réchauffement climatique. Et alors?

Monday 20 July 2009

Et si le réchauffement climatique poussait à la poudreuse d’été ?

Alors que des chutes de neige sont venues reblanchir les sommets ce week-end, voici un article écrit pour le magazine 7sky l'été dernier. Cliquez sur les vignettes des images à la fin du billet pour les voir en plus grand.

Hiver 2006-2007 : qui ne se souvient pas des bandes de neige canonnée au milieu des pâturages ? Terrible constat d’impuissance et d’échec de la technologie humaine lorsque ces dernières s’effacent sous les assauts répétés du foehn. Le réchauffement climatique ne peut plus être nié. Les conditions hivernales rapportées par nos grands-parents ne se reproduiront vraisemblablement plus suite à leur, mais encore plus à notre bêtise. Moins de poudre en hiver… que faire ? La chercher en été, tout simplement !



     Nicolas Vaudroz, les Diablerets - Glacier 3000, été 2008 - Référence: Bsum01

« La limite moyenne des chutes de neige remonte d’environ 100 m par décennie depuis les années 70 ». Martine Rebetez, scientifique de renom au WSL (Institut fédéral de recherches sur la forêt, la neige et le paysage) et professeur à l’Université de Neuchâtel le constate tout aussi scientifiquement que tristement dans ses études. Il faut savoir que le réchauffement climatique est deux fois plus marqué dans les Alpes du Nord que dans le reste du Monde. Au rythme où Celsius s’élève actuellement, il se pourrait que la température moyenne augmente de 8° dans nos montagnes d’ici 2100. Un mois comme avril 2007 (excédent thermique de 5 à 7.5° degré selon Meteosuisse) deviendrait alors la norme. Les conséquences sont évidentes pour tous les adeptes des joies nivéales ; une durée d’enneigement faible, une poudreuse rare et une limite pluie-neige élevée provoqueraient à coup sûr des signes dépressifs certains chez les glisseurs.

Alors ranger skis et snowboards au musée ? Changer de sport ? Abdiquer ? Trouver le plus haut pont et sauter ? Non, l’espoir fait vivre!

Selon René Reber, le plus ancien (ancestral même peut-être : celui-ci a déjà lu sa propre mort une fois dans la presse des années 30 suite à un accident) professeur de ski des Diablerets, il n’y a qu’un mois par année où la neige ne tombe pas à 1900m. Même si de nos jours, un brin d’optimisme réside derrière cette affirmation, celui qui veut esquisser quelques courbes en plein été, loin des glaciers peuplés et pollués de skieurs gangsters sur barres de fer, trouve toujours un moyen de parvenir à ses fins.

Il faut guetter les modèles météo, scruter le moindre flux de Nord-Ouest susceptible de blanchir les sommets, repérer les zones où des névés officieront comme couche de fond, arranger son planning pour le matin où le ciel se déchargera et surtout se nourrir d’illusions, espérer et profiter de la moindre occasion ! Suite à des observations aussi personnelles que subjectives sur les trois dernières années (rien, mais alors rien de scientifique à cela !), la neige fait son apparition de manière skiable en dessous de 2500m une fois par mois entre juin et septembre.

Pour les lecteurs tentés par l’expérience de la poudre estivale, voici quelques avertissements, constats et mises en bouche. Quand le matin du jour J, vous sortirez de chez vous, lourdement chargé d’une épaisse veste et du matériel de ski, un décalage face à l’univers extérieur se fera peut-être ressentir. Vous avancerez au travers d’un monde étrange, voir hostile, des arbres verdoyant de manière insolente à la grand-mère interrogative promenant son chien au petit matin. N’ayez pas peur de vivre des remarques à mi-voix du genre : « T’as vu ? Il doit lui manquer une case au pauvre type. » Qu’importe, tant qu’il y a la passion des flocons !

Une fois les premières neiges atteintes (idéalement avant 8h, histoire que le rayonnement ne les transforme pas trop), sachez que vous allez transpirer et suinter le gras accumulé durant l’hiver par les moindres pores. Crapahuter dans la neige en plein été demande logiquement un effort bien plus important qu’au mois de février.

Suite à ces deux éléments que certains considéreront comme négatifs (tentez de les voir comme drôles), le positif absolu. Vous vous retrouverez dans une montagne vierge. Une nature aux contrastes saisissants : l’écart substantiel, et inhabituel pour le skieur hivernal, entre la candeur de votre entourage direct et les prairies vertes en aval est d’une beauté surprenante. Seuls éléments humains proches, vos empreintes de montée. En dehors, pas de trace : en été, pas besoin de lutter pour dessiner la première, l’espace vous est entièrement dédié. Il ne reste alors plus qu’à se laisser glisser, chérir l’instant des premières courbes dans de la poudre légère jusqu’aux dernières, plus hésitantes lorsque roches et herbes recommencent à parsemer l’élément préféré.

Après la descente, que reste-t-il ? L’envie de recommencer bien sûr, mais aussi la jouissance de rentrer au bureau l’après-midi, le visage brûlé par le soleil et un large sourire aussi satisfait que rêveur aux lèvres.

Sébastien Anex



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Monday 23 March 2009

Shoot’em Contest à Villars: retard et victoire!

Inscrite en dernière minute à ce concours mêlant glisse et photographie, notre équipe a mis un peu de temps pour se retrouver au complet le samedi 14 mars. Entre Jérémie qui manque son train, Amanda qui débarque avec son habituelle heure de décalage ainsi que Mélanie et moi-même qui avons de la peine à sortir du lit, nous débarquons finalement avec un "léger" retard aux inscriptions, mais dans la bonne humeur.

Le mot d'ordre de la journée est "concept"! Ne désirant pas produire des images banales de rider sur fond de ciel bleu, nous optons pour une mise en scène consistant à mettre au premier plan une photographie d'une célébrité (en l'occurrence, les belles Marilyn Monroe et Brigitte Bardot, et, le Maître du monde, Vladimir Poutine!). Une fois "trouée" et habilement maintenue au premier plan par Mélanie et Amanda, Jérémie n'a plus qu'à aller s'amuser dans l'arrière plan en espérant que mon index ne tremble pas au moment de son bref passage dans l'ouverture. Vous ne comprenez pas exactement de quoi il ressort? Place aux images présentées.

Catégorie "Snowpark":

Catégorie "Backcountry":

Catégorie "Lifestyle":

Si certaines personnes du public, croyant à de vils montages, ont été quelque peu surprises, les résultats finaux (jury et public) ont permis à notre série d'images de l'emporter! Nous tenterons de revenir avec un concept frais l'année prochaine pour participer à cette joyeuse compétition (au passage, un grand merci à l'ISBC pour l'organisation de la journée.)

Ci-dessous, le communiqué de presse officiel:

Shoot’em Contest / Villars / 14.03.09 : « How to be a complete freestyler »

C'est par une météo printanière que plus de 70 riders sont venu participer à un des concours les plus original de la saison: Le Shoot'em (traduisez, prenez-les en photo!).

Organisé par l'ISBC le club de ski et snowboard qui officie depuis plus de 16 ans dans la station de Villars, ce concours, vieux de 2 ans, fait partie de la tournée freestyle Swiss-R-Project. Il offrait ainsi l’ultime possibilité aux riders du tour, de marquer les points nécessaires permettant de se qualifier pour la grande finale du Caprices Festival.

Par équipe de deux (un rider et un photographe) les concurrents avaient une journée pour rendre trois clichés selon trois thèmes distincts: snow-park, backcountry, et lifestyle (mise en scène libre). Trois techniques, trois lieux, et trois idées ! Une course contre la montre donc et de l'imagination pour rendre les images dans le délai imparti (18 heures).
Un jury, composé de photographes, d'éditeurs de magazine freestyle, et d'un juge swiss-rproject a opéré une sélection des meilleures photos présentées. Après une projection animée, sur un écran géant, le public a pu lui aussi voter par sms pour ces
clichés favoris!

Une journée qui a su démontrer que les riders savent user de leur talent en tout temps, surtout quand il s’agit de s’exprimer d’une manière différente des concours standardisés habituels.
L'heure est maintenant aux calculs des points pour annoncer les 12 skieurs, et 12 snowboardeur, invités à la grande finale
sRp du 18 Avril! à Crans-Montana.

Classement photo ski
1.Jérémy Pittier (Séb Anex)
2. Romain Magnin (Christophe Voisin)
3.Jolan Chappaz (Meghan Turrian)


Classement photo snowboard
1.Fabien Baudin (Sophie Brasey)
2.Maxime Jaccoud (Michael Cordey)
3.Florian Webber (JP Rodriguez)

Cliquez ici pour voir l'ensemble des photos

Monday 2 June 2008

A contre neige

Une compilation d'images sombres, sur une musique de Minty Style. De la neige et de la glace.


A contre neige via Zapiks

Wednesday 14 November 2007

Swatch Monsterpark Invitational – 4 gagnants pour une première édition

Gstaad/Diablerets, le 10 novembre 2007. L'hiver est enfin au rendez-vous! Cependant, les conditions météorologiques (tempête de neige et de vent) ont contraint l’organisation à changer de programme au dernier moment. En lieu et place d'une compétition dans le snowpark, une plateforme de rails a été improvisée sur le parking de Glacier 3000, au Col du Pillon, grâce à l’engagement certain de jeunes freestylers.

Dès midi, les meilleurs riders ont pu montrer leur savoir-faire sur les modules. Tout en se battant contre les conditions hivernales, les skieurs, très motivés, ont présenté une belle diversité de figures, passage après passage.

Au lieu d'élire un seul “King of Monsterpark” , les juges ont évalué quatre riders ex-aequo: Phil Casabon (CAN), Henrick Harlaut (SWE), Richard Permin (FRA) et le Suisse Yvan Métrailler de Nendaz/VS.

Malgré la météo, l’organisation est convaincue du concept de l’événement. Rendez-vous est d'ores et déjà pris pour la seconde édition du Swatch Monsterpark Invitational - sous le soleil - les 8 et 9 novembre 2008.

Ci-dessous, deux photos de l'événement (plus à suivre sous www.sebanex.com):

Monster Park invitational Glacier 3000

Monster Park invitational - Les Diablerets

Saturday 1 September 2007

Teaser: Rencontre du troisième type

Note: les photos de ski et snowboard freeride en rapport avec le film se trouvent sur mon site.

Il avait été annoncé, le voici enfin tout frais et en exclusivité sur le web: le teaser du film d'Arnaud Derib: "Rencontre du troisième type". Ce court métrage retrace la saison 06-07 de Sven Mermod et Cyril Néri... mais de loin pas que ça. Un petit scénario et troisième type viennent l'appuyer!

En avant les images!

Rencontre du troisième type

Plus d'informations quant à la sortie du film seront prochainement disponibles sous: http://www.blankomneige.ch

Friday 17 August 2007

Les Diablerets sous les spatules de Sven Mermod

Vidéo de Sven Mermod lors de la saison 05-06 (tournée sur deux jours par Cyril Néri et Arnaud Derib au glacier des Diablerets). Très peu de blabla, juste de belles images... l'idéal non?

Vidéo: Les Diablerets sous les spatules de Sven Mermod

Certaines photos des runs freeride correspondants se trouvent évidemment sur mon site

PS: attendez-vous encore à mieux cette année... le teaser qui devrait se retrouver sous peu ici vous en donnera un avant-goût!

Tuesday 14 August 2007

Sarajevo, la flamme brûle encore.

En février dernier, nous sommes partis à la recherche des traces des jeux olympiques de 1984 en (ex-)Yougolsavie. Au-delà des quelques photos que vous avez pu voir sur le site, voici, en exclusivité, le texte accompagnatif (à paraître sous peu) écrit par François Ruchti:

Sarajevo, la flamme brûle encore.

Plus de vingt ans après les Jeux olympiques, la ville de Sarajevo est toujours à la recherche de son passé glorieux. Entre les impacts de balles et les champs de mines, ski reportage sur une région qui se relève d’une guerre fratricide.

Kosmopolitiski, liriski, prijateljski. Avec ces quelques mots qui décrivent à merveille la ville de Sarajevo, il ne faut pas s’étonner que cette cité soit reconnue comme un haut lieu du ski. Les deux stations de ski des Jeux olympiques de 1984 ; Bjelasnica et Jahorina situées sur les montagnes qui entourent la capitale de Bosnie Herzégovine offrent de jolies possibilités pour les sports de neige. Bien que la plupart des infrastructures ait été endommagée durant la guerre, les téléskis fonctionnent toujours. Ville assiégée et meurtrie par la guerre, mais aussi ville multiculturelle au passé olympique, l’image internationale de Sarajevo reste toutefois encore bien confuse pour les skieurs hésitants. Sans véritable stratégie de développement touristique, le retour à ce que d’aucun appel l’âge d’or se fait donc à un rythme tout bosniaque ; en douceur et sans stress.

« Ce fut un des plus beaux moments dans l’histoire de Sarajevo» C’est ainsi que M. Abid Saric, ministre du canton de Sarajevo décrit la période des Jeux olympiques de 1984. Il faut dire que durant les 20 jours de la manifestation, l’ensemble du peuple de Yougoslavie était uni derrière ses compétiteurs. Jure Franko fut élevé au rang de héros national lorsqu’il obtient la seule et unique médaille remportée par le pays organisateur. Il termina deuxième au slalom géant grâce à une deuxième manche proche de la perfection. Cette médaille fut d’autant plus fêtée qu’elle était inespérée. Les grands favoris de l’époque étaient comme aujourd’hui les Autrichiens. Ceux-ci pourtant ne brillèrent que par leur absence. Quant à la légende de l’époque Igemar Stenmark, il ne put même pas prendre le départ de la compétition pour cause de « professionnalisme ». Chez les femmes, c’est la jeune Française Perrine Pelen qui marqua les esprits. Elle se classa deuxième du slalom et troisième du géant. Elle permit à la délégation de l’hexagone de repartir avec un bilan honorable compte tenu du faible nombre de représentants tricolores. À peine 30 athlètes sur les 1410 des 49 nations participantes à cette quatorzième olympiade. Les nations les plus représentées étaient bien entendues l’Allemagne de l’Est, l’URSS et les États-Unis qui se faisaient la guerre sur les pistes froides des 39 épreuves inscrites au programme. Les archives du Comité international olympique font état de plus de 700 000 spectateurs sur place. Au delà des chiffres, ces jeux furent de l’aveu même de M.Samaranch, ancien président du CIO, une des plus belles manifestations sportives du siècle. Ce n’est pas les habitants de Sarajevo qui vous diront le contraire. Parler de cette époque, c’est comme évoquer un passé mythique. Pour Zoran Herceg, jeune habitant de Sarajevo ; « bien sûr que le régime titiste était une dictature, mais le pays était uni et prospère. Les Jeux olympiques sont vraiment une période de notre histoire qui est considérée comme un âge d’or ».

La guerre n’a pas tout effacé De cette époque heureuse, la ville de Sarajevo a conservé plus que des souvenirs. Le stade du Kosevo où c’est déroulé la cérémonie olympique existe encore. Durant la guerre, il fut tour à tour camps pour réfugiés et bases des casques bleus. Actuellement, il a retrouvé son rôle festif et sportif. L’équipe de foot de Sarajevo y joue dans l’ombre de la flamme olympique qui brûle toujours sur l’aile Est. Le village olympique est quant a lui devenu une zone résidentielle d’un charme discutable. Elle ne se démarque pas de l’architecture communiste de l’ouest de la ville encore très peu reconstruit depuis la guerre. Tout proche se trouve aussi l’hôtel olympique, résidence des officiels qui fut rachetée par la chaîne d’hôtellerie Holiday Inn. Bien que le centre-ville soit complètement reconstruit, seuls quelques magasins de souvenir rappellent le passé olympique de la cité. Ceci s’expliquer par un développement historique de la ville en palliés. Chaque époque amenant une nouvelle zone architecturale. Plus vous poussez direction l’Est plus vous remontez le temps. Bascasija est le quartier le plus ancien de la ville. Artisans, petits vendeurs et restaurateurs s’y côtoient. C’est l’endroit parfait pour manger un Cevapi. Ce mets est une institution en Bosnie. Il est à base de pain, de boulettes de viande, d’oignons et de crème. Il se mange avec les mains, à toutes les heures. Il remplace à la perfection le Mc Do inexistant.

La cabane de départ est toujours là N’en déplaise aux muezzins ou aux cloches des églises, l’appel du ski se fait vite sentir. Il faut dire que Sarajevo est entourée de montagnes. Les deux massifs les plus connus sont Jahorina et Bjelasnica. Sur le premier, se trouve la station de ski qui accueillit les épreuves dames des Jeux. Située dans la partie serbe de la Bosnie, Jahorina fut relativement épargnée par la guerre. Pour y accéder, il faut passer par Pale. Cette bourgade est tristement connue pour avoir abrité le Quartier général de Mladic, chef de guerre nationaliste serbe. Armé de ski Fischer, c’est les touristes slovènes qui, maintenant, ont pris l’offensive à Jahorina. Malgré l’ambiance alcoolisée sur la piste comme dans les bars, les pentes sont relativement faibles. En 1984, les organisateurs de la descente avaient même dû construire une butte artificielle afin d’atteindre les 800 mètres de dénivelé obligatoire. Avec une dizaine de téléskis, la station offre tout de même de bonnes possibilités. On peut même se prendre à rêver de disputer une course des Jeux olympiques. Dans la cabane de départ encore intact, il ne manque plus que le portillon pour s’y croire. La seconde station de ski, Bjelasnica, est plus à l’Ouest. Elle n’est qu’à une demi-heure de voiture du centre ville. Lors des Jeux olympiques, l’ensemble des épreuves masculines de ski ainsi que du saut à ski y fut organisé. C’est notamment sur ces pentes que l’américain Bill Johnson remporta la descente. Alors que ses compatriotes Phil et Steve Mahre s’adjugèrent les deux premières places du Slalom. Actuellement il reste de la station de ski, Babin do, que quelques téléskis en état de marche. Il ne faut pas oublier que le massif de Bjelasnica-Igman fut le théâtre d’affrontement violent durant la guerre de Bosnie. Les stigmates du combat sont encore bien visibles sur les nombreux bâtiments en cour de reconstruction. En outre, il est fréquent de croiser les panneaux rouges pas très rassurants signalant les terrains minés ! Même si le gouvernement nous a certifié que la zone était « cleared of mines », les spécialistes du déminage déconseillent vivement le hors-piste dans la région.

Beaucoup de projets, mais pas assez d’argent Bien que le problème des mines soit un frein important, le développement touristique semble plus que prometteur. À en croire les estimations de l’organisation mondiale du tourisme, il serait même potentiellement supérieur au boum touristique des années 2000 de la Croatie et de la Slovénie. Conscientes de ses atouts, les autorités bosniaques ont lancé des projets de rénovations importants pour les stations olympiques. Notamment le projet « Bjelanisca 2 ». Celui-ci vise à construire de nouvelles installations de ski ainsi que d’augmenter le parc immobilier. Actuellement, une bonne partie des hôtels sont en construction alors que les nouveaux télésièges restent du domaine de l’hypothétique. Après avoir axé l’effort de reconstruction sur les infrastructures de bases (routes, réseaux hydriques,..), l’aide internationale s’oriente aussi dans cette direction. Les espoirs sont importants. Paddy Ashdown, ancien haut représentant de la communauté international parle de créer le plus grand centre de ski de l’Europe du Sud Est. Malheureusement, les fonds ne semblent pas suivre l’optimisme occidental. Dans ce contexte, une nouvelle candidature aux Jeux olympiques pourrait être l’accélérateur indispensable. Mais de l’aveu même de M. Abid Saric, ministre de l’économie du canton de Sarajevo, la région dispose du potentiel, mais pas des fonds nécessaires pour une telle manifestation. Ceci explique en partie l’échec au premier tour de la candidature bosniaque aux Jeux 2010. Il est pourtant fort probable que la ville retente ça chance pour 2014. Ainsi 30 ans après, la flamme olympique brûlerait à nouveau dans les cœurs des habitants de Sarajevo.

François Ruchti

NB: photographies d'ambiances à Sarajevo et de ski bosniaque ici

Argentine: un été sous la neige

Note: les photos de ski freeride et neige en Argentine se trouvent sur mon site.

Comme vous l'avez vraisemblablement vu, en compagnie de François Ruchti, nous sommes partis l'année dernière réaliser un reportage sur le ski en Argentine pour Freepresse. Pour celles et ceux qui n'auraient pas eu la chance (!) de lire l'article dans Skitime n°37, voici le texte de François Ruchti:

Un été sous la neige

Je croche les deux boucles de mes souliers, je resserre la lanière du tibia, j’ajuste le pantalon sur les bottes de ski puis je me redresse et par un mouvement de jambe brusque, je fais claquer deux fois mes skis au sol avant de m’engager dans la face pentue de Cerro Martin. Alors que je m’attendais à de la poudreuse, la neige est béton. J’exécute un virage dans l’urgence et de façon chaotique. Passé cette première courbe, tout mon corps se crispe pour affronter les rayons suivants. Cette tension est pourtant de courte durée. En effet, le manteau neigeux se détend et me laisse enfin savourer une descente freeride de plus de 800 mètres de dénivelé. Grisé par la vitesse, je me souviens à peine du voyage interminable qui nous a amenés sur les pistes andines. Celui-ci passe obligatoirement par Buenos Aires, mégapole au charme discutable et se prolonge sur plus de mille kilomètres dans la pampa avant de rejoindre les montagnes recouvertes de poudre blanche. Arrivé à la fin du run, les narines encore pleines de poudreuse, je n’ai qu’une envie : repartir l’été prochain!

Au sud des Andes Les possibilités de ski sont innombrables, mais pas les stations. Une dizaine de complexes de ski existe en Argentine. L’une des plus connues est Bariloche en Patagonie. Ville à l’aspect de village de montagne, elle est souvent décrite comme une station suisse. Il faut dire que la spécialité du coin est le chocolat. Le dépaysement culturel n’est pas à chercher dans les rues de Bariloche, mais plutôt dans la beauté sauvage de la région. Une fois arrivé sur les pistes de Cerro Catedral, la station de ski locale, on peut admirer un paysage à couper le souffle. Des montagnes alpestres aux arrêtes déchiquetées se découpent dans le ciel alors qu’à leur pied des forêts et des lacs s’étendent paisiblement. Le décor choque par son caractère sauvage. Les pentes ne sont peut-être pas très raides, mais elles sont vierges de traces laissées par l’homme. Il existe de jolis hors-pistes non loin du domaine officiel. Une combe encore inexploitée est facilement accecible au sommet des installations. Il y a aussi de magnifiques itinéraires de randonnées sur l’autre versant de la montagne. Le club andino vous indiquera ces courses passant par de nombreux refuges.

Foret magique et steak frittes sur les pistes En poussant plus au nord, on peut aller faire quelques courbes dans la station de Chapelco. San Martin de Los Andes est le village le plus proche de cette station qui se révèle être avant tout une plaisanterie pour freestyler. Il y a plus de restaurants qui servent le traditionnel baby steak de 450 grammes que de pistes dignes de ce nom. Avec nos skis d’ 1 mètre 90, les locos locaux nous regardaient comme des extraterrestres : la neige poudreuse est visiblement rarement au rendez-vous dans ce cette région. Seule une forêt magique aux troncs torsadés recouverte de gigantesques barbes de lichen et la présence d’un snow parc peuvent justifier le détour.

Skier plus vite que la lave Hiver oblige, il n’y a que très peu de cols ouverts pour passer la frontière. Depuis San Martin, les bus pour le Chili passent au pied du volcan Lanin. Il se laisse admirer durant l’interminable contrôle bureaucratique des gardes-frontières. Pucon, une petite ville touristique au pied du volcan chilien Villarica, est la destination idéale pour ramener plus qu’une photo de ces montagnes de feu. Le Villarica est un sommet blanc, esseulé qui crachote de minces fumées grisâtres. Dans notre auberge, notre logeuse nous explique que l’ascension est possible. Ce petit bout de femme au visage marqué par le soleil nous recommande de monter avec un guide et du matériel spécial. Casque, corde, baudrier et masque à gaz semblent obligatoires. Le prix étant exorbitant, plus de 80 dollars, nous décidons d’opter pour une approche plus légère pour notre dos et notre porte monnaie. Sans équipement autre que des crampons et une bonne connaissance de la montagne, nous gravissons le volcan en 4 heures. Au sommet, le magma noirci au contact de l’air tranche avec le manteau neigeux blanc de la montée. Entre deux fumées soufrées, on peut même apercevoir de la lave incandescente. La descente qui suit est très agréable. La pente permet de lâcher de grandes courbes dans une neige revenue.

La ville à la montagne Les yeux encore remplis de soufre, nous partons pour las Lenas. Pour y accéder depuis le Chili, on doit emprunter la fameuse panaméricaine. Cette route mythique qui traverse du sud au nord l’Amérique passe au travers des vallées perdues et des cols qui semblent infranchissables. Des carcasses de camions, à demi ensevelies sous un linceul de neige ne semblent pas troubler l’interminable file de poids lourds qui y circulent. Après deux jours de bus nous atteignons enfin la station de ski. La première impression est loin d’être bonne. Las Leñas ressemble à ces ratés architecturaux de station française sortie de nulle part. Comme à Tignes en pleine saison, les tarifs sont eux aussi atroces, même pour l’Argentine.

Hôtel fantôme En sacrifiant la vie nocturne, il est possible de séjourner à las Moelles, village à une trentaine de kilomètres de la station. Au delà du prix, c’est surtout l’hôtel abandonné à l’extrémité de la bourgade qui vaut le détour. Dans une ambiance de maison hantée, on trouve encore au milieu des ruines, les anciens bassins d’eaux chaudes du complexe. À la tombée de la nuit, alors que la neige recouvre les traces de pas, l’atmosphère à la blairwitch donnera des sueurs froides aux skieurs en manques de sensations fortes.

Le ski et rien d’autre À station de las Leñas, on vient pour le ski ! De ce côté-là, on n’est pas déçu. Le télésiège de Marte donne accès à un vaste domaine de hors-piste. Il y en a pour tous les goûts ; champs de poudre, couloirs ou itinéraires exposés. La clientèle qui est dans une large proportion composée de la Upper classe d’Argentine, ne pratique que très peu le hors-piste. Il y a donc que les quelques touristes américains ou européens pour vous gâcher le plaisir de la première trace. Mais il faut toutefois faire attention aux nombreux cailloux à peine cachés sous la neige. Ils risquent à tout moment de transformer une banale chute en quelque chose de dangereux. En marchant un peu, de magnifiques sommets offrent de belles possibilités de freeride. Que ça soit Cerro Martin, Cerro Negro ou Cerro Entre Rios, les pentes s’ouvrent et permettent de lancer des courbes sans retenue. Quel rêve, vivement l’été prochain !

François Ruchti